Vivre sa vie, rêver ses rêves.
Rebecca alluma sa cigarette et commença a écrire. C'est dingue comment elle se sentait plus inspirée quand elle fumait. Elle ne fumait que pour ça d'ailleurs. C'est un peu ironique.... Elle était connue pour ses textes, ses peintures.... Ce qui lui rendait la vie meilleur, elle avait la vie qu'elle voulait. Elle devait fumer pour avoir la vie désirée, mais fumer lui raccourcissait l'esperance de cette vie.
Rebecca était une artiste. Parfois elle passait des jours et des nuits enfermée dans son duplexe parisien, tout en haut du building.Elle regardait le monde à travers les rideaux de sa fenêtre en forme de demi-lune. Elle fumait, pas que des cigarettes, buvait beaucoup. Elle restait là, assise, des heures, à réflechir, à laisser son imagination vagabonder. Elle avait l'impression d'être quelqu'un d'autre. Dans ce monde, il n'y avait que la fumée qui existait réellement. Il n'y avait que la fumée qui était libre. Elle restait là puis se levait brusquement, et faisait quelque chose. Une nouvelle peinture, un nouveau texte, une nouvelle histoire...
Rebecca n'était pas connue pour elle-même, mais pour ce qu'elle faisait. Pour les blessures qu'elle s'infligeait, ses photos chocs, les blessures psychologiques qu'elle faisait aux autres. Elle souffrait de cette célébrité mais la recherchait plus que tout, plus que ses cigarettes.
Fumer libérait quelque chose de malsain chez elle. Elle ne savait pas quoi, peut être que regarder la fumée s'envoler la rendait mélancolique. Boire la rendait suicidaire. Quand elle avait trop bu, elle prenait une corde et essayait de faire un noeud de pendu. L'ironie c'est qu'elle ne savait plus le faire quand elle était ivre. La drogue lui faisait voir d'autres horizons. Elle comprenait certaines choses, en oubliaient d'autre, elle avait vu sur un autre monde. Un monde fascinant, à la fois attirant et effrayant. Un monde morbide. La drogue lui faisait ouvrir les yeux sur le monde dans lequel elle s'enfermait.
Mais elle s'en foutait de s'enfoncer dans un quelquoncque univers trash, morbide, malsain. Elle l'avait voulu, elle l'avait eu. La curiositée est un vilain défaut. Maintenant il est trop tard pour faire demi-tour.
C'était de sa faute après tout. Personne ne l'avait forcé, la premiere fois, à ouvrir la boîte de médicaments et à l'avaler d'un coup. Personne ne l'avait forcé à se scarifier. Personne ne l'avait forcé à devenir ce qu'elle était. Elle aimait bien dire que c'était de la faute des autres, mais en réalité elle savait aussi bien que vous et moi que c'était sa faute. Elle s'en était rendue compte en relisant ce matin la conversation de la veille avec "l'inconnu". "L'inconnu", c'est quelqu'un qui ne la connaissait pas, n'avait pas besoin de l'aider, n'attendait rien d'elle mais qui voulait l'aider. Elle ne comprenait pas pourquoi. Et ne se laissait pas faire, évidemment. Si "l'inconnu" avait était quelqu'un d'autre, elle l'aurait envoyé sur les roses directement. Ce ne serait pas le premier, il y avait des dizaines de dizaines de personnes qui avaient voulu faire la même chose avant lui. Il était différent. Elle aurait voulu le connaître un peu mieux que ça.
Mais elle est plus tétue que toi.
Rebecca regarda sa cigarette. Elle tira dessus, aspirant le poison, avant de recracher des ronds de fumée. Sa vie se consumait comme une cigarette. Elle ne la vivait pas, elle la subissait. Texte de merde, tu me donnes envie de fumer. Rebecca secoua la tête, cligna des yeux en essayant de se concentrer sur son rêve. Les villes de Paris s'effaçaient doucement. Son duplex parisien se rétracta en cette petite pièce sombre. La cigarette se consummait trop vite. Déjà à la moitié. Vite, tire dessus. Profite en pendant que c'est la dernière. Cigarette aux trois-quarts. Profite de ta vie jusqu'a à ta mort. Cigarette au filtre. Peux tu réellement profiter de ta vie si la mort en fait autant partie?
La cigarette acheva de se consummer, Rebecca n'avait plus d'inspiration. Elle reprendrait ce texte plus tard, quand elle aurait acheté son nouveau paquet. Quand elle sera sortit de sa petite chambre de cette petite maison de ce petit village miteux. Elle ira jusqu'au débit de tabac acheter un nouveau paquet avec l'argent qu'elle gagnait en baby-sitting, pas en vendant ses sois disant célèbres peintures. Elle fumera ses cigarettes assise à sa fenêtre en forme de demi-lune au premier étage, en regardant son jardin, pas le monde qui défile. Apres elle ouvrira word pad et commencera à écrire ses rêves. Elle rêve d'une autre vie. C'est bien beau de vivre ses rêves mais les siens étaient partit en fumée avec ses cigarettes. Il ne lui restait plus qu'a rêver sa vie.